Paillade la joie

Chronique de Footware V (2011/2012)

Bonjour, bonjour les hirondelles et adieu oiseaux de malheur : Montpellier n'a jamais craqué cette saison et a conquis le plus beau titre de son histoire (avec l'Intertoto 1999). Une belle récompense. On tire le rideau sur cette année de foot avec une dernière chronique, une dernière phrase élémentaire de la semaine et une dernière séance en plus.

Un mot tout d'abord sur la finale de la Ligue des Champions où ce qui avait tout d'un décor idéal pour le Bayern s'est transformé en scénario rocambolesque à la 24. Sauf que cette fois, les gens pensent que les méchants ont gagné. Mais même si le match n'aura pas été à la hauteur de nos attentes, malgré du suspense et des rebondissements (Robben, si tu nous lis), rappelons qu'il n'est pas interdit de jouer comme l'a fait Chelsea et que cela n'a rien de déshonorant que de jouer à faire déjouer l'adversaire. Des pays entiers ont bâti leur réputation (incontestée) de grande nation du football sur ce principe. Ou sinon, si on ne veut que des mecs qui chaloupent et qui jouent l'attaque, on peut aussi changer le règlement, arrêter d'appeler ce sport le football et demander aux Américains d'en devenir les patrons. Mais personne n'a envie de ça.

La Ligue 1 voulait tellement être la dernière en Europe à se terminer qu'elle a été à deux doigts de se finir un lundi. Les supporters auxerrois avaient en effet décidé de faire les guignols et de faire interrompre le match près de 30 minutes au total. Une bien belle sortie pour ce club qu'on considérait globalement comme sympathique jusque-là... Cela n'a toutefois pas empêché John Utaka et Montpellier de gagner (1-2) pour s'assurer leur premier titre, au terme d'un parcours remarquable et beau comme une crête bicolore. Pourtant, le PSG y aura cru, même s'il n'aura jamais été virtuellement champion de la soirée (victoire 1-2 à Lorient), et il devra finalement se contenter d'être « le meilleur deuxième de l'histoire du championnat ». La belle affaire...

Cela dit, si les oracles ont raison, on va en bouffer pendant des années du PSG, d'autant que ce relatif échec pourrait pousser le prince à débloquer des fonds supplémentaires de son puits qui n'en a pas. Ça pourrait faire mal. Un peu comme le départ d'Hazard, plein de triplé et de tristesse (4-1 contre Nancy) pour le jeune héros belge qui se sera donc coltiné le stade pourri de Villenevue d'Ascq pendant des années sans même pouvoir goûter au chef-d'œuvre qui s'annonce. Mais il trouvera sûrement son bonheur ailleurs. Pour l'Europe, on se doit de souligner le retour du diable vauvert de Bordeaux, finalement cinquième après avoir coiffé les verts sur le poteau même pas carré (2-3). Un exploit signé Gillot qui devrait donc, selon toute vraisemblance, quitter le club pour reprendre une équipe à la ramasse, genre Brest ou Marseille. Le bonheur des Bordelais fait (peut-être) le malheur des Rennais (qui se sont offerts un deuxième quintuplé face à Dijon), sixièmes et éternels dépressifs de fin de saison.

Pour le maintien, la seule surprise est venue d'Ajaccio, qui semblait condamné, mais qui aura réussi à prendre trois points chez des Toulousains qui pensaient probablement déjà à leurs prochaines vacances en Corse (0-2). Même combat pour l'OL, qui se croyait déjà sur la Côte d'Azur et qui aura régalé la France du ridicule de sa défense pour offrir le maintien aux Aiglons (3-4). L'heure du grand ménage pour les Lyonnais. Tout aussi miraculé qu'Ajaccio, le FC Sochaux aura clôturé sa saison sur une minasse de Boudebouz et un sauvetage presque à l'aise (1-0 contre l'OM). Trajectoire inverse pour Caen, battu à Valenciennes (3-1) et à nouveau relégué, comme une vieille rengaine. Enfin, Brest en reprend pour un an et se paie le luxe d'assurer son maintien sur un but de Jemâa, chez ETG (0-1). Une saison folle, qu'on vous dit.

On finit l’année sur une ultime phrase de la semaine, pleine de bon sens. Parce qu’il arrive parfois qu’on perde le sens des priorités, il faut parfois les rappeler et c’est ce qu’a très bien fait Carlo Ancelotti : « C'est mieux d'arriver premier que deuxième ! La dernière fois que j'ai fini deuxième, j'ai été viré... » Mais la dernière fois que Kombouaré était premier, il a été viré aussi. Qui sait les surprises que nous réservera la prochaine saison.

La séance en plus :

Le résultat des pronostics HFR d'avant-saison (merci à boubougna)
Le but extraordinaire de Falcao
Péno de filou
De Jong ne s’arrête jamais de tacler
Presque cadré
Higuain est un farceur
La raison de l’interdiction des fumigènes
Petit lob tranquille
Splendide enchainement de Viatri
El Chino est toujours vivant
Le Real a de la réserve
Essien fête la victoire en Ligue des Champions
Il n’y a pas que Falcao

feed Pierre-Pat le 22 mai 2012 à 12:31